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Saturday, November 17, 2012

Les mésaventures de la "Liste Lagarde" en Grèce: Une histoire didactique

Depuis que la Grèce s'est retrouvée en première ligne de la dite crise de la dette de l'Union Européenne et que le gouvernement de Georges Papandreou a décidé de placer le pays sous tutelle internationale le transformant ainsi en un vaste chantier d'expérimentation pour d'enthousiastes apprentis sorciers néolibéraux, le peuple grec endure non seulement la misère absolue sous toutes ses formes (chômage, malnutrition, manque de médicaments et de soins de santé, système éducatif délabré, etc.) mais également l'humiliation des déclarations incessantes de responsables politiques européens truffées de stéréotypes racistes et de généralisations.

En voici deux:

"Les Grecs sont tombés du hamac où ils étaient allongés depuis si longtemps, il est grand temps qu'ils se remettent debout" Maria Feckter, ministre des finances autrichienne, le 23/10/2012.

"Les Grecs doivent s'aider eux-mêmes en payant leurs impôts", Christine Lagarde, directrice du FMI, le 25/05/2012.

Alors que le premier stéréotype, celui selon lequel les Grecs sont des fainéants a depuis longtemps été démenti par les statistiques d'Eurostat, on trouve rarement des arguments contre le second, selon lequel systématiquement les Grecs ne payent pas leurs impôts. Car les dirigeants européens sont convaincus que, si l'Etat grec, au moment même où il manque cruellement de liquidités, ne fait absolument rien pour lutter contre l'évasion fiscale, celle-ci constitue un phénomène endémique bien ancré dans la mentalité de tous les Grecs.

Friday, October 12, 2012

Soutenez les activistes antifascistes torturés par la police en Grèce

Dimanche 30 septembre, suite à un appel ouvert, une manifestation antifasciste à moto a été réalisée au centre-ville d’Athènes. La manifestation a commencé au quartier d‘Exarcheia.

Cette manifestation serait la réponse aux pogroms fascistes et aux attaques contre des immigrants, qui ont lieu dans plusieurs quartiers d’Athènes, mais aussi ailleurs en Grèce, par des groupes fascistes, déguisés (ou pas) en « comités d’habitants ou de commerçants », dans une impunité totale de la part de la police ou même parfois avec son appui passif. Des liens dangereux entre l’Aube Dorée et la police ont été temoignés maintes fois. Par exemple, des avocats qui portaient plainte de la part d'immigrés-victimes de crime raciste ont été harcelés par des groupes fascistes, qui étaient prévenus, par la police même semble-t-il, de la présence des avocats aux commissariats.

Cette fois-ci, après un premier affrontement des antifascistes avec un groupe de fascistes, la police à moto (dite 'group D') a poursuivi la manifestation. Enfin, 15 militants antifascistes ont été arrêtés ; lors de leur arrestation ils ont été battus sur plusieurs parties du corps : la tête, les bras, les jambes, et un manifestant a aussi subi un choc électrique avec un « taser ».

Les militants arrêtés ont été emmenés au Quartier Général de la Police, où tout au long de la nuit, ils ont été battus, tirés par les cheveux, brûlés, photographiés et filmés par les agents de police qui les surveillaient, et menacés avec une diffusion de leurs données personnelles à l'Aube Dorée. « On vous connaît maintenant, on va vous tuer, comme on a fait avec vos grands-pères pendant la guerre civile ». En plus de ce terrorisme, les militants arrêtés n’ont pas eu le droit de boire de l’eau, ni contacter leurs avocats ni avoir accès à des soins médicaux (alors que certains étaient gravement blessés), pendant 19 heures.

Le lendemain, ils ont été emmenés au Tribunal. Pendant qu’ils se trouvaient dans le Tribunal pour être interrogés, la police a lancé une attaque contre leurs camarades qui étaient ressemblés en solidarité devant le Tribunal ; plusieurs ont été battus, 25 ont été détenus. Les 25 ont été emmenés aussi au Quartier Général de la Police, où ils étaient victimes de la même sorte de terrorisme, obligés de rester nus et de subir des contrôles humiliants, et finalement détenus, de façon vindicative, leur détention pour encore trois jours. Les premiers 15 arrêtés ont été détenus pour encore quatre jours.

Ils sont tous été emmenés au QG, dans une section surchargée (elle est désignée pour 30 personnes, et en ce moment il y en a 80, qui essaient d’y survivre dans de conditions pitoyables).

De faux témoins ont été utilisés (ex. un 'témoin' avait dit le soir même qu'il n'a pas vu des visages, et le matin il a reconnus 4 personnes). Le procureur public, organe du gouvernement, a été tout au long de la procédure complètement aligné avec la police, et a insisté que les 4 soi-disant 'reconnus' parmi les 15 soient mis en prison. Mais les juges ont pris une décision différente, et ont laissé libres tous les 15 arrêtés, 5 jours après leur arrestation. En revanche, la somme de 45000 euros  (3000 euros par personne) leur a été imposée comme garantie. L'Initiative a déjà collecté 70 euros lors de la manifestation de solidarité avec le peuple grec à Bruxelles, le 9 octobre, et va encore collecter des fonds pour les envoyer avant lundi prochain (15 octobre). Ceux qui voudraient faire un virement par carte bancaire pour soutenir les 15, peuvent le faire ici .

Le porte-parole de la police a refusé qu'il y a eu des violences de la part de la police contre les 15. Il devrait être rappelé ici que la police grecque a une longue histoire de violences et d'impunition.

Dans le cadre actuel de la crise financière, où des grandes parties du peuple grec sont jetées dans la pauvreté et la misère, l'Etat soutient de façon plus ou moins ouverte le cannibalisme social et le fascisme incarné par les troupes criminelles de l'Aube Dorée. Le besoin pour un front antifasciste réunissant toutes les forces de la gauche est urgent, qui puisse affronter efficacement l'invasion fasciste et promouvoir la perspective d'une autre société solidaire face à la peur et la haine prêchées par l'Aube Dorée.

Initiative de Solidarité avec la Grèce qui résiste

Ci-dessous, l'article du journal britannique The Guardian sur ce sujet, apparu le mardi 9 octobre, traduit en français:

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Thursday, September 20, 2012

Laurie Penny: Ce n’est pas de la rhétorique d'établir un parallèle avec le nazisme


Des vrais fascistes en vrais t-shirts noirs brandissent des swastikas
et assassinent des minorités ethniques à Athènes

L'article suivant a paru au journal britannique "The Independent", le 20 août. Le texte original en anglais est disponible ici et une traduction en NL ici.

 « Après les immigrés, vous êtes les prochains ». C'est le slogan écrit sur des tracts apparus fin août dans le quartier gay d'Athènes. Pendant que la violence contre les immigrés monte en Grèce, les supporteurs du parti de l’extrême droite « Aube Dorée » ont commencé à lancé des attaques haineuses contre les homosexuels et les handicapés. Ces fascistes marchent en t-shirts noirs à Athènes, en terrorisant les  minorités ethniques et sexuelles, en brandissant des insignes qui ressemblant à des swastikas, et en déclarant leur mépris à l’égard des procédures politiques. Et pourtant, en Europe, ils sont toujours traités comme un simple symptôme de la crise économique grecque.
Auparavant, les voyous de l’extrême droite ne sortaient qu’en nuit pour attaquer les immigrés. Maintenant, ils font ça à la lumière du jour, sans avoir peur des conséquences, puisqu'il n'y en a pratiquement pas. Pendant ces dernières semaines, le nombre et la gravité des attaques ont augmenté –le 12 août, un Iraquien de 19 ans a été poignardé à mort par un groupe de motards, quelques quartiers plus loin du Parlement grec - et si les immigrés portent plainte devant la police, ils risquent de se trouver sous arrestation.

Wednesday, June 13, 2012

On June 17 we say: THERE IS NO RETURN TO THEIR PLANS


via REinFORM
The Greek elections on May 6 delivered a clear message: NO MORE AUSTERITY. No political party or coalition has any legitimacy to continue the austerity policies either inside or outside the Eurozone. Regardless the result of the coming elections we will continue to take the streets and struggle against the neoliberal policies in Greece and all over Europe. The victory of the people in Greece will be a victory for all people in Europe. The defeat of the Troika, the release from the debt and the toppling of the corrupt political system in Greece is the first step for the struggle for a just society in Europe.
On May 6, the people gave a decisive blow to the former ruling parties that conceded the austerity policies and brought the state’s economy to its knees. Since the May elections the propaganda of the mainstream media and statements of officials are trying to force the people in Greece to accept the policies of the Troika and the previous government. The media promote gloomy scenarios together with an image of Greece regressing back to the Stone Age in case the austerity policies come to a halt. On top of it, a patronized left-wing / right-wing division is imposed on the Greek society. EU-officials ignore the message of the Greek elections and keep interfering with domestic politics by expressing their expectation from the new government to stick to the commitments of the previous administration. The IM director C. Lagarde, the German Chancellor A. Merkel and the German minister of Finance W. Schäuble accuse openly the people in Greece for the disaster to come in case they decide to turn their back to their policies. Their propaganda aims at persuading the Greeks to give the majority-vote to the pro-austerity parties.

Εκλογές 17 Ιούνη: Ξανά Αριστερά για τη ρήξη με τα Μνημόνια!



Με τις εκλογές της 6ης Μαΐου ο ελληνικός λαός έστειλε μήνυμα ξεσηκωμού στους εγχώριους και Ευρωπαίους δυνάστες του και σηματοδότησε το τέλος της κυριαρχίας του ΠΑΣΟΚ και της ΝΔ στην πολιτική ζωή τη χώρας. Όσο κι αν οι μιντιακοί εκπρόσωποι του οικονομικού κατεστημένου προσπαθούν να ερμηνεύσουν το αποτέλεσμα κατά το δοκούν, το σαφές μήνυμά του είναι η τιμωρία των δύο (πρώην) μεγάλων μνημονιακών κομμάτων, που σημείωσαν τα ιστορικά χαμηλότερα ποσοστά τους από τις πρώτες εκλογές της Μεταπολίτευσης, η στροφή του λαού προς την αριστερά και η σε καθαρά πλειοψηφικό ποσοστό απόρριψη της μνημονιακής πολιτικής που εφαρμόζεται στη χώρα εδώ και δύο χρόνια.

Η εκλογική άνοδος των κομμάτων της ριζοσπαστικής και κομμουνιστικής αριστεράς με την εκτόξευση του ΣΥΡΙΖΑ, την πρόοδο του ΚΚΕ και τον τριπλασιασμό της ΑΝΤΑΡΣΥΑ είχε σαν αποτέλεσμα τη συγκέντρωση από αυτά του 27% περίπου των ψήφων. Είναι πρωτίστως μια νίκη του Ελληνικού λαού, που τα δύο προηγούμενα χρόνια έδωσε έναν τιτάνιο αγώνα, κατέβηκε σε μαζικές διαδηλώσεις, οργάνωσε απεργίες, αντιστάθηκε στην αστυνομική βία και τη μιντιακή προπαγάνδα, και έστησε δίκτυα αλληλεγγύης προκαλώντας ένα διεθνές κίνημα λαϊκής αλληλεγγύης. Ήδη το πρώτο χειροπιαστό αποτέλεσμα αυτής της νίκης είναι ότι τα νέα μέτρα κοινωνικής εξαθλίωσης που προβλέπονταν για τον Ιούνιο πάγωσαν.  Φίδια έχουν ζώσει τους πολιτικούς εκπροσώπους των ευρωπαϊκών πολυεθνικών ομίλων που είναι αντιμέτωποι με την πρώτη εκλογική εξέγερση στην Ευρώπη ενάντια στην αντεργατική πολιτική τους. Ελπίζουμε η δεύτερη να έρθει σύντομα με την απόρριψη της Συνθήκης της Λιτότητας από τον ιρλανδικό λαό.

Τα μνημονιακά κόμματα (ΝΔ., ΠΑΣΟΚ, ΔΗΜΑΡ), παρά την κοινοβουλευτική τους πλειοψηφία, δεν μπόρεσαν να στήσουν άλλη μια κυβέρνηση εντολοδόχο της Τρόικας, καθώς έβλεπαν ότι γρήγορα θα γκρεμιζόταν από νέους αγώνες.

Η νέα προεκλογική περίοδος που διανύουμε χαρακτηρίζεται από την έντονη προσπάθεια εκφοβισμού του λαού από τόσο από το εγχώριο αστικό μπλοκ, όσο και από εκπροσώπους του γερμανικού (Mέρκελ, Σόιμπλε), γαλλικού (Φαμπιούς) και ευρύτερα ευρω-ενωσιακού (Μπαρόζο, ΕΚΤ) ιμπεριαλισμού. Η Γερμανίδα Καγκελάριος παρεμβαίνει ευθέως στα εσωτερικά της χώρας, προτείνοντας δημοψήφισμα για το ευρώ, το G8 τονίζει ότι η Ελλάδα πρέπει να εφαρμόσει τα μνημόνια που μόλις απέρριψε και εκλογικά ο λαός της και οι οίκοι αξιολόγησης συνεχίζουν να τζογάρουν υποβιβάζοντας την ελληνική οικονομία.

Elections en Grèce du 17 juin : on vote de nouveau à gauche, pour en finir avec les Mémoranda de l'austérité!


Lors des élections du 6 mai, le peuple grec a envoyé un message de résistance à ses oppresseurs Grecs et Européens, en mettant fin à la domination de la vie politique du pays par les sociaux démocrates du PASOK et les conservateurs de la Nouvelle Démocratie. Même si les grands média sous contrôle des  élites économiques essaient d’interpréter le résultat selon leurs propres intérêts, le message du peuple grec a été clair. C'est le châtiment des deux (ex) grands partis qui soutiennent les mémoranda, dont les résultats électoraux ont atteint leur niveau le plus bas depuis 1974 (après la chute de la dictature des colonels), ainsi que le basculement du peuple vers la gauche et le rejet massif de la politique d’austérité appliquée lors des deux dernières années.

La hausse des pourcentages électoraux des partis de la gauche radicale et communiste avec l‘explosion des pourcentages de SYRIZA, la progression  du KKE et le triplement d'ANTARSYA, se traduit par un total de 27% des voix. Il s’agit tout d’abord d’une victoire du peuple grec, qui pendant les deux dernières années a réalisé une lutte sans précédent, en participant à des manifestations massives, en résistant à la violence policière et à la propagande des médias et en établissant des réseaux de solidarité.  Cette mobilisation a eu la chance de recevoir une vague internationale extraordinaire de solidarité populaire. Le premier résultat concret de cette victoire c’est que les nouvelles mesures prévues pour juin, qui auraient augmenté la misère sociale, sont actuellement gelées. Les représentants politiques des multinationales européennes ont paniqué devant la première révolte électorale en Europe contre leur politique d’austérité. Nous espérons que la deuxième révolte arrivera bientôt avec le rejet du Pacte d’austérité par le peuple irlandais lors du vote du 31 mai.

Les partis pro-mémoranda (PASOK, ND, DIMAR), malgré leur majorité parlementaire, ne sont pas arrivés à former un nouveau gouvernement-serviteur de la Troïka, puisqu’ils se sont rendu compte qu’un tel gouvernement serait bientôt renversé par le mouvement de résistance.
La nouvelle période électorale en cours est caractérisée par des efforts très poussés de semer la terreur auprès du peuple, tant par la bourgeoisie grecque que par les représentants de l’impérialisme allemand (Mme Merkel, M. Schäuble), français (M. Fabius) et européen  (M. Barroso, BCE). La Chancelière allemande est intervenue de façon très directe auprès des affaires intérieures de la Grèce, avec sa proposition pour un référendum sur l’euro, le G8 a souligné que la Grèce doit appliquer les mémoranda à peine rejetés par le vote du peuple, et les agences de notation continuent de parier sur le dos du peuple grec en baissant la note du pays.

Elections of the 17th of June: We vote once again for the Left to break with the Austerity Memoranda!


Through their vote on 6th May, the Greek people sent a message of resistance to the Greek and European elites, putting at the same time an end to a long domination of the country's political life by two parties: the Social democrats of PASOK and the Conservatives of Nea Dimokratia. Although mainstream media, representing big interests, are trying to interpret the results as they see fit, the clear message of the elections is the punishment of the two pro-austerity parties, which got their worst electoral results since the military regime overthrow, the people’s turn towards the left and the rejection of the austerity policy that has been implemented for the last two years.

The electoral rise of the radical and communist left, with SYRIZA's votes soaring, KKE steadily progressing and ANTARSYA seeing its electoral power tripling, meant that those three parties gathered together around 27% of the votes. This is primarily a victory of the Greek people, who, during the past two years fought a heroic struggle, participated in mass demonstrations, organized strikes, resisted to police brutality and media propaganda and established solidarity networks, nurturing an international movement of solidarity. The first concrete result of this victory is that the new measures of social misery planned for June are frozen. The political representatives of the European corporations, faced with the first electoral revolt in Europe against their anti-labour policy are seriously worried. We hope that the second revolt will come soon with the rejection of the Austerity Treaty by the Irish people.

The three parties that wish to go on with the memoranda (Nea Dimokratia, PASOK and DIMAR), did not manage to form one more government that would implement the Troika’s policies, despite their parliamentary majority, since they felt that such a government would rapidly fall under the pressure of popular mobilisation.

The new electoral period leading up to the 17th June elections is characterized by intense efforts to intimidate the Greek people, not only from the part of the domestic bourgeoisie but also by the representatives of the German (Merkel, Schäuble), French (Fabius) and EU (Barroso, ECB) imperialism. The German Chancellor intervenes directly in the internal affairs of the country, proposing a referendum on the euro; the G8 states that Greece should implement the memoranda of the loan agreements, which have just been rejected by the people in the ballot boxes, and the rating agencies continue their gambling, downgrading the Greek economy.

Sunday, April 15, 2012

The resistance movement in Greece: challenges and alternatives


In this second essay in a series that we are publishing in the run-up to our EU in Crisis conferenceon 5-6th May 2012, Lina Filopoulou, who is active in the Athens Neighborhood Assembly, describes the development of the Greek resistance against the austerity programmes imposed on Greece as a condition for the ECB-IMF-EU loans. She also looks at the future potential of these movements.
Europe is facing a new treaty on economic governance and a common fiscal policy. It is a treaty that is in reality an authoritarian way of dealing with the debt crisis, which has been imposed in order to support the interests of European elites. Putting the Fiscal Treaty into practice will mean an intensification of neoliberal policies and austerity for ever more. In Greece this won’t have so much impact, as the treaty follows the same economic model that has been applied here for the last two years. Greece has turned into a test lab for the rest of Europe in terms of challenging labour rights, social and women’s rights, for challenging the rights of people and particularly the exploited.
The economic crisis has shaken the world. It has driven the politicians from the ruling classes to bail out the banks and the speculators, which led the developed world into a serious so-called debt crisis. Greece’s economy stands at the epicentre of this within the eurozone and is already applying stringent austerity measures which will have serious long-term consequences for society and which will reduce the government’s capacity to pay back its spiralling debts, making the debt completely unaffordable.

Friday, March 30, 2012

Une même lutte contre le capitalisme en déclin


Par Giorgos ROUSSIS, Professeur à l’Université de sciences politiques (Panteion) d’Athènes.

Ces derniers jours se développe une large vague de solidarité internationale vis-à-vis du peuple grec. Depuis les Mères de la place de Mai en Argentine, les syndicalistes du Mexique, les citoyens des États-Unis et de Russie, jusqu’à ceux de plusieurs villes européennes, nombreux sont ceux qui sentent le besoin d’exprimer leur solidarité à la Grèce et d’affirmer qu’ils sont eux aussi des Grecs. Cette réaction rappelle celle des habitants de Vienne quand ils sont sortis dans les rues portant l’étoile jaune pour montrer qu’ils étaient tous des juifs, et plus récemment le slogan des manifestants antiracistes européens qui criaient : «Nous sommes tous des étrangers».

À part les quelques Quisling (1) qui ont invité le Fonds monétaire international, l’Union européenne et la Banque centrale européenne pour «sauver» notre pays et par la suite se sont soumis à leurs ordres, le reste du peuple grec ne peut que s’émouvoir de telles réactions et ne peut que vouloir remercier vivement tous ceux qui lui manifestent leur solidarité. Il importe toutefois que cette expression de solidarité ne soit pas conçue comme une forme d’aide à quelqu’un qui souffre, comme un sentiment de pitié ou encore comme l’expression de la condamnation de celui – incertain et indéfini — qui fait souffrir les Grecs. Aussi, cette solidarité ne peut être identique à celle exprimée au peuple vietnamien dans les années 1960 ou encore au même peuple grec pendant la dictature militaire de 1967 à 1974. De même, il serait insuffisant de marquer sa solidarité avec le peuple grec d’un point de vue semblable à celui du pasteur Martin Niemöller lorsqu’il invitait les Allemands à être solidaires de ceux qui étaient poursuivis par le régime nazi : « Lorsqu’ils sont venus chercher les communistes / Je me suis tu, je n’étais pas communiste. / Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes / Je me suis tu, je n’étais pas syndicaliste. / Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs / Je me suis tu, je n’étais pas juif. / Ensuite ils vinrent prendre les catholiques et je ne dis rien parce que j’étais protestant / Puis ils sont venus me chercher / Et il ne restait plus personne pour protester. »

Tuesday, February 28, 2012

Des reclassements en Grèce pour les licenciés


La compagnie charter Air Méditerranée, qui va licencier 85 salariés, a proposé à une trentaine de ses pilotes et hôtesses basés en France d’être reclassés dans sa filiale en Grèce, avec un salaire réduit de 30% en moyenne.


LE DÉLÉGUÉ SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne) d’Air Méditerranée, Denis Roumier, dénonce ces mesures en affirmant que les salariés d’Air Méditerranée sont déjà les moins bien payés des compagnies françaises.
D’après lui, une hôtesse ou un steward gagnant le SMIC en France se voient proposer un salaire mensuel de 900 euros à Athènes et un commandant de bord payé 6.000 euros empocherait 3.700 euros en Grèce. Ces salariés continueraient cependant d’assurer les mêmes vols au départ de la France.
«On en arrive à des aberrations, dénonce Denis Roumier, un équipage grec a récemment assuré un Marseille-Bastia pour le compte d’Air Corsica, une ligne subventionnée par l’Etat».
C’est la première compagnie française à délocaliser ainsi des avions dans un pays de l’Union européenne pour bénéficier d’une main d’oeuvre à bas coût, note le président du SNPL, Yves Deshayes, qui redoute que cette pratique ne s’étende à d’autres compagnies.
Fin 2011, la direction d’Air Méditerranée a annoncé le licenciement de 85 employés. Pour expliquer cette stratégie, le PDG invoque auprès du personnel la nécessité de réduire ses coûts opérationnels pour faire face à la concurrence de compagnies d’Europe de l’est qui tirent les prix vers le bas.

NON AU 'SAUVETAGE' DE LA GRECE !


CONSTRUISONS LA SOLIDARITE DES PEUPLES EUROPEENS



Le 12 février 2012 des centaines de milliers de Grecs sont descendus dans les rues d'Athènes ainsi que d'autres villes grecques pour manifester contre le nouveau prêt de la 'Troika' qui était à ce moment en train d’être discuté dans le Parlement. Le plan qui accompagnait ce prêt, dit de 'sauvetage', accélère encore plus le démantèlement de l'Etat et l'aggravation des conditions de vie de la majorité des Grecs. Avec une procédure d'urgence, qui ne laissait que quelques heures aux Membres du Parlement grec de lire des centaines de pages mal ou pas du tout traduites, les députés de la majorité gouvernementale ont voté en faveur d'un accord qui va faire saigner encore plus le peuple grec , car "l'Europe et les marchés le demandent". Le montant total de 130 milliards s'ajoute ainsi à la dette grecque sans que le peuple n'y touche un sou. Au contraire, c'est encore les banques qui sortent triomphantes (30 milliards en liquide pour les banques grecques sans aucun échange, 30 milliards aux banques étrangères et 70 milliards dans des nouvelles obligations garanties). En plus, par ce nouveau prêt elles se débarrassent encore de leurs titres de dette grecque, qui sera alors détenue par des organismes publics (BCE, Etats Membres de l'UE) et alors en cas de faillite officielle de l’Etat grec, c’est les autres peuples européens qui seront appelés à payer les pots cassés.

Les conditions de ce prêt s'ajoutent au carnage social qui se déroule pendant les deux dernières années, qui, selon certaines analyses, ont fait baisser les revenus  moyens de 40%. Selon les statistiques officielles 30% des Grecs vivent au dessous du seuil de la pauvreté. En même temps, des milliers de petites et moyennes entreprises (surtout de petits commerçants) ferment - pour seule la région d'Athènes les prévisions de 2012 parlent de 120,000 fermetures. En même temps le gouvernement ouvre à la concurrence des multinationales dans les professions fermées en commençant par les camionneurs, chauffeurs de taxi, et en passant aux avocats, notaires et pharmaciens, et bientôt dentistes et docteurs, qui n'auront qu'à devenir des employés des grandes multinationales pour trois sous...

SAUVONS LE PEUPLE GREC DE SES SAUVEURS!


par Jacques Ranciere, Jean-Luc Nancy, Claire Denis, Alain Badiou, Jean-Christophe Bailly, Étienne Balibar, Avital Ronell [source]
Au moment où un jeune Grec sur deux est au chômage, où 25 000 SDF errent dans les rues d’Athènes, où 30% de la population est tombée sous le seuil de pauvreté, où des milliers de familles sont obligées de placer leurs enfants pour qu’ils ne crèvent pas de faim et de froid, où nouveaux pauvres et réfugiés se disputent les poubelles dans les décharges publiques, les «sauveurs» de la Grèce, sous prétexte que les Grecs «ne font pas assez d’efforts», imposent un nouveau plan d’aide qui double la dose létale administrée. Un plan qui abolit le droit du travail, et qui réduit les pauvres à l’extrême misère, tout en faisant disparaître du tableau les classes moyennes.
Le but ne saurait être le «sauvetage» de la Grèce : sur ce point, tous les économistes dignes de ce nom sont d’accord. Il s’agit de gagner du temps pour sauver les créanciers tout en menant le pays à une faillite différée. Il s’agit surtout de faire de la Grèce le laboratoire d’un changement social qui, dans un deuxième temps, se généralisera à toute l’Europe. Le modèle expérimenté sur les Grecs est celui d’une société sans services publics, où les écoles, les hôpitaux et les dispensaires tombent en ruine, où la santé devient le privilège des riches, où les populations vulnérables sont vouées à une élimination programmée, tandis que ceux qui travaillent encore sont condamnés aux formes extrêmes de la paupérisation et de la précarisation.

Friday, February 17, 2012

La population sort de l'état de choc en Grèce



via


« Dans les rues d'Athènes ont éclaté les pires émeutes et violences policières qu'a connues le pays depuis des années ». « Les émeutiers grecs ont mis le feu à des immeubles et pillé des dizaines de magasins alors qu'ils affrontaient la police dans le centre d'Athènes protestant contre de sévères mesures d'austérité».



Voici quelques échantillons des titres de la grande presse mondiale au sujet des manifestations de dimanche en Grèce, incluant souvent des photos d'immeubles calcinés.

« Je suis vraiment désolé de ce qui s'est produit en Grèce hier » m'ont dit beaucoup d'amis le lundi. Il est sidérant de constater que la grande presse parvient à vous faire ressentir un sentiment de ce type au sujet de la résistance et non des politiques désastreuses qui sont à l'origine de la protestation. Car la véritable nouvelle, c'est que les gens partout en Grèce ont rompu avec la peur et ont manifesté massivement leur détermination à contre-attaquer face à l'austérité imposée par la « troïka » composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI. De toutes les manifestations géantes qui ont eu lieu depuis mai 2010 quand les plans d'ajustement furent introduits pour la première fois, ce fut la plus massive : Des centaines de milliers de personnes ont participé, les lignes de métro étant incapables de faire face.

Tuesday, February 14, 2012

Mais pourquoi la Grèce ?

Républication d'un article paru au blog du groupe Nouvelles hors les murs ici.
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Petit éventail des idées reçues et quelques brèves réponses, du groupe O de l’A.
  • Parce que la Grèce a un déficit public énorme.
Selon cette idée reçue, l’endettement de la Grèce serait dû à la nécessité de combler le déficit budgétaire créé par le déficit public. Rien de plus faux. Pour la décennie 2000-2009, la Grèce a emprunté la somme globale de 486 milliards d’euros. Pour la même période, elle a payé, au titre du remboursement de la dette publique, la somme de 450 milliards. Sur la totalité de cette somme, seuls 3,1% ont été utilisés pour couvrir le déficit public. Le reste a servi à rembourser la dette. Même en 2009, alors que le déficit public s’est élevé à 17,1 milliards, l’Etat grec a emprunté 85,2 milliards d’euros et n’a utilisé que 20% de ce montant pour éponger le trou dû au déficit public. Autrement dit, les crédits servent à rembourser la dette, et non pas à résorber le déficit.
  • Parce que la Grèce a une dette énorme.
Faux. Plusieurs points : Selon le rapport d’Eurostat publié fin avril 2010, la dette publique de la Grèce s’élevait à 115,1%, alors que celle de l’Italie s’établissait à 115.8%. Malgré ce fait, cette dernière a pu, après la publication de ce rapport, emprunter sur les marchés à des taux plus bas que celui de ses obligations arrivées à échéance, alors que l’Etat grec, ne pouvant plus emprunter sur les marchés à des taux raisonnables, adoptait 2 semaines plus tard, les conditions du mémorandum. Il faudrait, aussi, souligner ceci: s’agissant non pas de la dette publique (des Etats), mais de la dette
extérieure, qui inclue la dette publique, celle des ménages et celle des entreprises, celle de la Grèce est inférieure à la moyenne de celle de la zone euro. Fin 2009, selon un rapport présenté à la Banque of International Settlements par une membre du directoire du service statistique de la BCE, la dette extérieure s’élevait à 172% du PIB pour la Grèce, 191,2% pour la France, 312,3% pour les Pays- Bas, 985,3% pour l’Irlande, 4.326% pour le Luxembourg. Il convient d’ajouter que la Grèce, entre 1992 et 1997, donc avant l’euro, avait une dette publique de l’ordre de 117% avec un déficit de 8%
et un rythme annuel de remboursement supérieur à celui d’aujourd’hui. Pourtant, personne ne parlait de faillite à l’époque. Pour en finir, si le but des mesures d’austérité était de diminuer la dette, comment expliquer le fait que celle-ci ne cesse d’augmenter, et la prime de risque avec, en même temps que la récession qui touche la société grecque s’apparente à celle d’un pays en guerre ?